En marge du sommet extraordinaire des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union Africaine sur la sécurité et la sûreté maritimes et le développement en Afrique qui s’est tenue le 15 octobre dernier, plusieurs activités ont eu lieu du 10 au 14 octobre : Ce sont les ‘’SIDE EVENTS’’. L’une de ces activités a consisté à mettre en place des panels de discussions, d’échanges et de réflexions sur différentes thématiques en lien avec la problématique de la sécurité et la sûreté maritimes et le développement.
Ces activités parallèles au sommet ont débuté le 1undi 10 octobre 2016 avec la cérémonie d’ouverture présidée par le Premier ministre, Monsieur Komi Sélom KLASSOU en présence des membres du gouvernement, du corps diplomatique accrédité au Togo, des représentants des organisations internationales, et des techniciens du domaine maritime.
Ainsi des experts du domaine maritime venus de divers horizons se sont relayés au tour de la table ronde aménagée pour la circonstance sur le parvis du palais des congrès de Lomé, pour discuter, analyser et tirer des conclusions sur les différentes thématiques retenues. Des experts togolais du domaine maritime ont activement participé aux travaux. Nous pouvons citer entre experts togolais, Monsieur Stanislas BABA, conseiller pour la Mer du Président de la République, le Professeur Adoté Blim BLIVI, chef et coordonnateur océanographie du centre de gestion intégrée du littoral et de l’environnement (Togo) , Monsieur LEBGAZA Alfa, Directeur des affaires maritimes, Monsieur Philippe BOCCO spécialiste NTIC au port de Marseille.
Les sous thématiques qui ont fait objet de débats lors des différentes communications ont été déclinées du thème principal du sommet « la sécurité et la sûreté maritimes et le développement en Afrique ». Il s’agit des quatre (04) titres suivants: « lutte contre la piraterie maritime et autres trafics », « économie bleue », « enjeux de la sécurité et de la sûreté maritime » et « gouvernance maritime et échange en matière judiciaire et de police ». De ces thématiques ont été tirées des titres des panels qui ont fait objet de présentation par les experts. Entre autres titre de panels on peut citer: « lutte contre la piraterie maritime, les trafics illicites en mer », « protection de l’environnement et des ressources maritimes », « sécurité et sûreté des transports maritimes- Des ports au grand large », « des ressources humaines performantes », « coopération inter étatique et échanges en matière de sécurité et de sûreté maritimes ».
Tout au long des quatre (04) jours qui ont précédé le sommet, les acteurs maritimes du secteur public et privé venus du Togo et du monde entier ont tiré suffisamment profit des communications et débats de haut niveau qui ont meublé ces journées.
Ce cadre d’échange a permis aux experts, aux techniciens du domaine maritime ainsi qu’aux participants de faire des propositions de solutions pouvant permettre à l’Afrique de faire face efficacement aux défis et enjeux qui se posent à elle.
Sur la première thématique, « lutte contre la piraterie maritime et autres trafics », Les experts ont d’abord évalué le poids de l’Afrique dans l’économie maritime mondiale avant de relever les multiples handicaps auxquels ces espaces maritimes sont confrontés à savoir : la piraterie, le terrorisme, et les trafics illicites en tous genres commis en mer. Face à cette situation les Etats africains ont réagi en prenant des dispositions diverses pour tenter de contrecarrer ces menaces. Au niveau national, il y a eu entre autres, l’acquisition de moyens supplémentaires de surveillance, la mise en place de structures de coordination nationales. Au niveau régional, il a été mise en place l’architecture de sécurité regroupant les pays du Golfe de Guinée en zones, le centre de partage de l’information et des accords multilatéraux. Au niveau continental, la stratégie maritime intégrée pour la mer et les océans a été élaborée et une nouvelle gouvernance a été établie. Cependant, beaucoup restent encore à faire. Selon les experts, cette dynamique de réforme et d’amélioration du domaine maritime dans les Etats africains doit être maintenue. Et les Etats africains peuvent également compter sur le soutien de la communauté internationale.
Dans la deuxième thématique intitulée : « économie bleue », une définition du concept a été faite par les experts. Pour eux, « l’économie bleue est au cœur de la mondialisation», précisant dans les détails que 90% des échanges commerciaux qui s’effectuent par voie maritime, 95% des communications mondiales qui s’opèrent par des réseaux sous-marins, 50% des émissions de carbone qui sont absorbés par les océans. D’ici 2020, la valeur économique annuelle des activités liées aux affaires maritimes atteindrait 2500 milliards d’euros par an et, les énergies renouvelables de l’océan peuvent fournir jusqu’à 400% de la demande actuelle en énergie selon l’agence mondiale de l’énergie. Les mers et les océans regorgent d’énormes quantités de produits halieutiques nécessaires à la nutrition en protéine de la population mondiale. Pour tirer un maximum de profit de tous ces atouts qu’offre la mer, l’Afrique se doit de s’organiser, de redynamiser tout son secteur maritime afin de mieux maîtriser son espace maritime. Ainsi, selon Cyrille Serge ATONFACK GUEMO, expert sécurité maritime pour la marine nationale camerounaise, pour trouver une solution durable au problème de la pêche illicite qui fait perdre plusieurs milliards de dollars à l’économie africaine, il faudra pour les pays africains évaluer le stock de ressource dont dispose l’Afrique, maîtriser le prélèvement, cesser la concession des permis de pêche de complaisance, développer la pisciculture, développer une pêche fiable et viable, instaurer des pénalités et amandes dissuasives pour les contrevenants…
Sur la troisième thématique, « enjeux de la sécurité et de la sûreté maritime », les experts ont réfléchi sur les aspects de « sûreté » et de sécurité maritime : sécurité maritime de la navigation avec les corolaires d’hydrographie, de cartographie de balisage, de dragage qui conditionne le trafic maritime et l’attrait des ports. Ils ont également abordé la question de la sauvegarde de la vie humaine et des moyens associés. Selon le Ministre Stanislas BABA, conseillé pour la mer du Président de la République togolaise, « les pays africains ne sauront assurer une sécurité efficace de leur domaine maritime s’ils ne considèrent pas le partage d’informations maritimes comme un élément fondamental de la coopération ». Et comme approche de solutions liées au panel, il a été proposé : une coopération sécuritaire accrue, que les pays aient une même compréhension de la sécurité et de la sûreté maritimes, que chaque pays crée une réelle coordination assise sur une stratégie nationale, une nécessité de réduire la dépendance, et que la sécurité maritime soit financée par l’industrie maritime.
Au cours de la dernière thématique qui parle de « gouvernance maritime et échange en matière judiciaire et de police », les experts ont fait ressortir les difficultés auxquelles les pays africains sont confrontés. Selon eux, la mutualisation des stratégies maritimes peine à se mettre en place, fragilisant la cohérence d’ensemble du dispositif et par voie de conséquence, sa crédibilité, l’acquisition de moyens de haute qualité dépasse le plus souvent la capacité d’un seul Etat, qui par ailleurs ne pourrait la plupart des temps l’utiliser suffisamment pour le rentabiliser, ainsi que l’effet multiplicateur du fond fiduciaire. Les échanges des experts ont permis de retenir que les Etats africains doivent développer des stratégies nationales maritimes, ce qui leur permettra de définir des plans d’action plus cohérents et plus efficaces, de renforcer leurs moyens de sécurité et de sûreté maritimes en investissant dans l’acquisition de ces moyens, de soutenir la coopération inter-Etats, de privilégier le partage de l’informations pour faciliter les opérations en mer….
Les ‘’SIDE EVENTS’’ ont regroupé en moyenne près de 400 participants par jour venus d’horizons différents. Ils ont débattu en long et large des problèmes maritimes africains et évoqué les solutions possibles pour lutter contre ces fléaux et, redynamiser le développement africain par l’économie bleue.
Une autre activité importante des ‘’SIDE EVENTS’’ était la foire qui s’est aussi déroulée sur le parvis du palais des congrès de Lomé.
Plusieurs sociétés privées venus du monde entier ont exposé leurs produits à la vue des participants. L’essentiel des exposants était dans le domaine maritime et surtout dans la sécurisation des espaces maritimes, la surveillance maritime à l’aide des drones, la formation à l’utilisation des appareils technologiques dans la surveillance maritime…
Ces activités tenues en marge du sommet ont été clôturées dans l’après-midi du vendredi 14 octobre 2016 par le Ministre des affaires étrangères, de la coopération et de l’intégration africaine. Il avait à ses côtés le ministre français de la défense, Jean Yves LE DRIAN, l’ancien premier ministre béninois Monsieur Lionnel ZINSOU. Dans son mot de fin le ministre DUSSEY a rassuré participants que le Togo était disposé à accueillir une autre rencontre africaine sur le thème : « Protégeons nos mers et nos océans ».







